Le diagnostic de performance énergétique va une nouvelle fois évoluer. À compter du 1er janvier 2027, la consommation d’électricité sera valorisée différemment dans le calcul du DPE. Le coefficient de conversion de l’énergie finale en énergie primaire sera ramené de 1,9 à 1,7.
Cette modification aura une conséquence directe pour de nombreux logements équipés de systèmes électriques. Leur étiquette énergétique pourra s’améliorer alors même qu’aucun changement n’aura été réalisé dans le logement.
Une nouvelle modification du calcul du DPE
Le gouvernement avait annoncé cette évolution au printemps avant de la soumettre à consultation publique durant l’été. Malgré une opposition majoritaire parmi les participants à cette consultation, la réforme a finalement été confirmée.
Sur les 110 contributions enregistrées, 78 se sont prononcées défavorablement sur le projet.
Cette nouvelle baisse intervient seulement un an après la précédente. Depuis le 1er janvier 2026, le coefficient appliqué à l’électricité est déjà passé de 2,3 à 1,9.
À partir de 2027, il diminuera donc une nouvelle fois pour atteindre 1,7.
Le coefficient joue un rôle essentiel dans le DPE puisqu’il permet de convertir la consommation d’énergie finale en énergie primaire. Une diminution de cette valeur réduit mécaniquement la consommation calculée pour les logements utilisant l’électricité.
Les logements électriques particulièrement favorisés
Cette réforme profitera principalement aux habitations chauffées à l’électricité et utilisant cette énergie pour leur production d’eau chaude.
Il ne s’agit toutefois pas d’une diminution de leur consommation réelle. Un logement qui consomme la même quantité d’électricité avant et après la réforme continuera à utiliser exactement la même quantité d’énergie.
C’est uniquement la méthode de calcul utilisée pour établir son classement énergétique qui évoluera.
Le phénomène pourra néanmoins être particulièrement visible pour les logements proches de la limite entre deux catégories du DPE. Certains pourront ainsi changer de classe sans avoir bénéficié d’une rénovation, d’une nouvelle isolation ou du remplacement de leur système de chauffage.
Jusqu’à 300 000 logements pourraient sortir des classes F et G
Le changement ne sera pas anecdotique. D’après les estimations présentées par le ministère, la baisse du coefficient de 1,9 à 1,7 pourrait permettre à environ 300 000 logements de ne plus être classés F ou G.
La répartition annoncée serait la suivante :
- environ 200 000 logements sortiraient de la classe F ;
- près de 100 000 logements quitteraient la classe G.
Les logements chauffés à l’électricité seraient les premiers concernés. Selon les estimations gouvernementales, plus de 35 % des passoires énergétiques utilisant l’électricité pourraient ainsi voir leur classement évoluer.
Le secteur locatif sera lui aussi directement concerné. La CLCV estime pour sa part qu’environ 125 000 logements du parc locatif privé pourraient sortir des catégories F et G.
Un changement qui peut avoir des conséquences pour les propriétaires
Pour les propriétaires bailleurs, la modification du DPE peut avoir une importance considérable.
Le classement énergétique d’un logement intervient notamment dans l’application de certaines règles concernant la location des logements les plus énergivores. Il peut également avoir des conséquences sur le gel des loyers.
Un logement actuellement classé F ou G pourrait donc bénéficier d’un classement plus favorable en 2027 sans que son propriétaire ait effectué de travaux.
La différence peut être particulièrement importante pour les biens situés juste au-dessus ou juste en dessous des seuils réglementaires.
Pas besoin de refaire son DPE
Bonne nouvelle pour les propriétaires concernés : la modification du coefficient ne devrait pas nécessiter la réalisation d’un nouveau diagnostic.
Les informations utilisées pour calculer le DPE restent inchangées. C’est la valeur appliquée à la consommation électrique qui est modifiée.
Les propriétaires disposant d’un DPE réalisé depuis 2021 pourront ainsi demander une nouvelle attestation indiquant leur étiquette actualisée, sans avoir à refaire l’intégralité du diagnostic.
Cette attestation pourra être obtenue gratuitement auprès de l’Observatoire DPE-Audit de l’Ademe.
La durée de validité du DPE ne sera par ailleurs pas remise à zéro par cette actualisation.
Une situation qui risque de compliquer le travail des diagnostiqueurs
Sur le terrain, cette évolution risque cependant de susciter des interrogations.
Un propriétaire pourra constater que son logement obtient une meilleure note en 2027 alors qu’aucun travaux n’a été réalisé entre-temps. Le diagnostiqueur devra donc expliquer que cette amélioration ne traduit pas une baisse de la consommation du logement, mais résulte d’une modification de la méthode de calcul.
Cette situation alimente depuis plusieurs années les critiques concernant la lisibilité du DPE.
À chaque modification de la méthode de calcul, certains logements peuvent changer de catégorie sans que leur isolation, leur chauffage ou leurs performances réelles aient évolué.
Pour les professionnels de l’immobilier comme pour les particuliers, la comparaison entre deux diagnostics réalisés à des périodes différentes peut donc devenir plus difficile.
Le coefficient pourrait-il encore diminuer ?
La réforme de 2027 pourrait ne pas être la dernière.
Avec une valeur fixée à 1,7, le coefficient appliqué à l’électricité atteint actuellement la limite basse autorisée dans le cadre européen évoqué par le gouvernement.
Mais une nouvelle évolution n’est pas exclue à plus long terme.
Dans son plan consacré à l’électrification présenté au printemps, le gouvernement avait notamment évoqué la possibilité d’un coefficient ramené à 1, ce qui rapprocherait le traitement de l’électricité de celui appliqué au gaz ou au fioul.
Une telle évolution aurait des conséquences encore plus importantes sur le classement énergétique des logements électriques.
Pour les propriétaires, il faudra donc suivre attentivement les prochaines évolutions réglementaires. Le DPE d’un logement ne dépend en effet pas uniquement de ses caractéristiques physiques : la méthode de calcul retenue par les pouvoirs publics peut également modifier son étiquette.