Le diagnostic de performance énergétique (DPE) va connaître plusieurs évolutions importantes dans les prochains mois. Deux arrêtés récemment publiés doivent entrer en application au 1er janvier 2027 et modifieront notamment les règles de calcul et les informations présentes dans les rapports. D’autres textes sont également attendus avant cette échéance, avec des conséquences pour les diagnostiqueurs, les propriétaires et les professionnels de l’immobilier.
Une nouvelle évolution du coefficient de l’électricité
L’une des principales mesures concerne le calcul de la consommation d’électricité dans le DPE. Le nouvel arrêté publié en août 2026 prévoit une nouvelle baisse du coefficient permettant de convertir l’énergie finale en énergie primaire. En cinq ans, cette valeur sera ainsi passée de 2,3 à 1,7.
Cette évolution s’inscrit dans la volonté des pouvoirs publics d’accompagner le développement de l’électrification des logements. Elle n’a cependant pas fait l’unanimité lors de sa présentation. Plusieurs professionnels du diagnostic immobilier avaient fait part de leurs réserves, estimant que cette modification pouvait avoir des conséquences importantes sur le classement énergétique des logements.
En effet, une modification du coefficient peut améliorer mécaniquement la note attribuée à certains logements chauffés à l’électricité, sans qu’aucune amélioration réelle du bâtiment n’ait été réalisée. Des logements auparavant classés F ou G pourraient ainsi changer de catégorie uniquement en raison de l’évolution de la méthode de calcul.
Cette situation pourrait également avoir des conséquences sur la location. Les logements considérés comme des passoires énergétiques sont soumis à différentes restrictions, notamment concernant l’évolution des loyers. Une amélioration du classement liée uniquement au changement de méthode pourrait donc modifier la situation de certains propriétaires.
Une nouvelle donnée sur les équipements
Une autre évolution importante concerne les installations de chauffage et de climatisation. Les futurs DPE devront notamment fournir une indication concernant la durée de vie restante de certains équipements.
Cette information soulève des difficultés pratiques pour les diagnostiqueurs. Dans de nombreux cas, les professionnels ne disposent pas de données suffisamment précises sur l’âge des appareils, leur historique d’entretien ou leurs conditions réelles d’utilisation. Il peut donc être complexe d’évaluer précisément leur durée de fonctionnement.
Pour limiter les risques d’interprétation, cette donnée devrait être présentée comme une estimation et non comme une durée garantie. L’état d’un équipement peut en effet varier considérablement selon son entretien, son utilisation et ses conditions de fonctionnement. Le propriétaire ou l’acquéreur pourra également se rapprocher d’un professionnel du chauffage pour obtenir une évaluation plus précise.
De nouvelles obligations pour certains bâtiments
Les changements ne concernent pas uniquement la méthode de calcul. D’autres dispositions devraient également modifier le champ d’application du DPE à partir de 2027.
Les bâtiments patrimoniaux classés et certains logements utilisés comme meublés de tourisme pourraient notamment être davantage concernés par l’obligation de disposer d’un diagnostic. Cette évolution vise à réduire certaines exemptions actuellement prévues par la réglementation.
Ces nouvelles dispositions devront toutefois être examinées avec attention afin de déterminer leur articulation avec les règles déjà applicables aux locations touristiques.
Une méthode de calcul appelée à évoluer
Enfin, une nouvelle évolution de la méthode 3CL-DPE-2021 est annoncée. L’objectif est notamment de mieux prendre en compte certaines technologies récentes permettant de réduire les consommations d’énergie.
Cette mise à jour doit permettre au calcul réglementaire de mieux correspondre aux équipements actuellement disponibles sur le marché. Elle devrait également corriger certaines erreurs ou incohérences identifiées dans la méthode actuelle. Pour les diagnostiqueurs immobiliers, ces changements représentent donc un nouvel enjeu de formation et de veille réglementaire. Le DPE devient progressivement un outil central dans les décisions liées à la vente, à la location et à la rénovation des logements. La maîtrise des nouvelles règles sera essentielle pour produire des diagnostics fiables et correctement interprétés à partir de 2027