Retrait-gonflement des argiles : 2026 pourrait être une année record

LinkedIn
Twitter
Facebook

Alors que l’été 2026 touche à sa fin, les inquiétudes grandissent autour du retrait-gonflement des argiles (RGA). La succession exceptionnelle des épisodes de chaleur et la sécheresse persistante des sols pourraient faire de cette année une période particulièrement difficile pour les bâtiments exposés à ce phénomène.

Les chiffres observés au cours de l’été sont préoccupants. Plusieurs épisodes de canicule se sont succédé en quelques semaines, tandis que le manque de précipitations a fortement accentué l’assèchement des sols. Dès le début du mois d’août, certains indicateurs avaient même dépassé les niveaux enregistrés lors de la sécheresse de 2022.

Cette situation est particulièrement surveillée car les sols argileux réagissent fortement aux variations d’humidité. Lorsqu’ils se dessèchent, ils diminuent de volume. À l’inverse, lorsqu’ils retrouvent de l’eau après des pluies importantes, ils peuvent se dilater. Ces mouvements successifs peuvent provoquer des tassements différentiels et fragiliser les constructions.

Les conséquences sont parfois visibles rapidement : apparition de fissures sur les murs, déformation de certains éléments du bâtiment, décollement de revêtements ou encore difficultés à ouvrir et fermer les portes et fenêtres.

Des premiers dégâts déjà constatés

Ce qui inquiète particulièrement les spécialistes en 2026 n’est pas seulement la température atteinte pendant les épisodes de chaleur, mais surtout leur répétition.

L’assèchement prolongé des sols augmente mécaniquement leur sensibilité au phénomène de retrait-gonflement. Des fissures et des déformations sont ainsi apparues sur certaines infrastructures qui avaient jusqu’ici été relativement épargnées. Des bâtiments présentant jusque-là peu ou pas de désordres commencent également à montrer des signes de fragilisation.

Cette situation préoccupe également le secteur de l’assurance. La Caisse centrale de réassurance (CCR) anticipe une année potentiellement très coûteuse et a déjà constitué des provisions importantes pour faire face aux sinistres liés au RGA.

Le scénario rappelle forcément celui de 2022, année au cours de laquelle les dommages liés au retrait-gonflement des argiles avaient atteint plusieurs milliards d’euros.

Un risque qui s’étend dans le temps

L’enjeu dépasse cependant largement la seule année 2026. Avec l’évolution du climat, les périodes de sécheresse pourraient devenir plus fréquentes et plus longues, augmentant mécaniquement l’exposition des constructions.

Les projections évoquent ainsi une progression importante de la sinistralité RGA au cours des prochaines décennies. La nouvelle cartographie du risque, entrée en vigueur en juillet 2026, classe désormais 12,1 millions de maisons individuelles dans des secteurs présentant un aléa moyen ou fort.

Le phénomène concerne également les bâtiments publics. Des milliers de constructions appartenant aux collectivités pourraient elles aussi être exposées aux mouvements des sols argileux.

Le coût économique est considérable. Sur la période récente, le retrait-gonflement des argiles est devenu la première cause d’indemnisation du régime Cat Nat, devant les inondations.

Un bilan encore à confirmer

Même si les signaux sont préoccupants, il reste prématuré de dresser le bilan définitif de 2026. L’évolution de l’humidité des sols au cours des prochaines semaines sera déterminante.

Les épisodes pluvieux à venir pourraient notamment modifier la situation et permettre d’évaluer plus précisément les conséquences de la sécheresse estivale.

La CCR devra encore attendre plusieurs semaines avant de pouvoir établir une première estimation fiable de la sinistralité.

Une chose semble toutefois déjà acquise : le retrait-gonflement des argiles devient un risque majeur pour le patrimoine immobilier français.

Découvrez nos autres publications

Quoi de neuf pour le DPE en 2027 ?

Le diagnostic de performance énergétique (DPE) va connaître plusieurs évolutions importantes dans les prochains mois. Deux arrêtés récemment publiés doivent entrer en application au 1er janvier 2027 et modifieront...